Rodolphe Thomas rejoint l'association des maires de banlieueFaudra-t-il de nouvelles émeutes pour que les pouvoirs publics s’intéressent à nos villes et à ceux qui y vivent ? Il ne s’agit pas seulement de délinquance, des trafics ou de la violence qui seuls parviennent à capter l’attention des medias.

Au-delà de l’insécurité, inacceptable, nous subissons, et chaque jour davantage, l’enclavement, le  chômage, l’échec scolaire, le mal logement, et une pénurie des services publics.

Les habitants souffrent au quotidien, et nourrissent un sentiment d'abandon qu'une grande partie de la société française a du mal à concevoir.

Les taux d'abstention records aux dernières élections dans certains quartiers ne sont d'ailleurs qu'un signe supplémentaire de la défiance des habitants de ces quartiers vis à vis de la capacité du Politique à changer cette situation.

Les conséquences de cette détresse, associées à la « peur des ghettos » ressentie par ceux qui ne vivent pas en banlieue, ne sont pas que locales.

Elles renforcent la fragmentation sociale et urbaine : le sentiment de ne pas vivre « dans le même monde », partagé tant par les habitants des ghettos que par ceux qui y sont extérieurs, met en cause non seulement la cohésion sociale mais aussi notre  pacte républicain.

Sans débat, sans même s'en rendre compte, la France est en train de changer de société : la liberté, l'égalité, la fraternité sont menacées au profit de « l'entre soi » et de l'inégalité.

Avec mes collègues de l’association des maires de banlieue, nous souhaitons manifester notre colère car nous ne cessons d'interpeller les pouvoirs publics sur ces dangers. En vain.

La Secrétaire d'Etat en charge de la politique de la ville elle-même en est réduite à écrire au Premier Ministre pour s'inquiéter des retards pris sur la réforme des politiques en faveur des quartiers les plus difficiles.

Cette réforme de la politique de la ville, associée à la réforme territoriale et des finances locales,  semble trop technique pour s'imposer politiquement et médiatiquement.

Elle est au contraire au cœur de notre projet de société et nous donnera peut être les outils qui nous permettront de lutter contre les inégalités territoriales et la relégation de catégories entières de population aux marges de la société.

Avec mes collègues de l’association des maires de banlieue, nous avons fait des propositions, restées aujourd'hui sans réponses.

Tant attendue, l'installation prochaine du Conseil National des Villes par le Premier ministre, doit  être l'occasion d'une mobilisation politique réelle en faveur des banlieues les plus difficiles, avant qu'il ne soit trop tard.


Rodolphe THOMAS
Maire d’ Hérouville Saint-Clair

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