Logements sociauxIl manquerait 900 000 logements en France, 700 000 personnes attendent un HLM, et le nombre de propriétaires ne grossit pas malgré la France de propriétaires promises par le Président. Marianne2 fait réagir les partis politiques face au casse-tête national qu'est devenu le logement.

Rodolphe Thomas (Modem): Il faut arrêter de stigmatiser les logements sociaux

La parole est au (2ème) plaignant: Rodolphe Thomas, Ministre du Logement du shadow cabinet de François Bayrou Modem et Maire d'Herouville-Saint-Clair

Marianne2 : Dans quel état trouvez-vous le secteur du logement et plus particulièrement la politique menée actuellement par le gouvernement dans ce domaine ?
Rodolphe Thomas : Il manque environ 1 millions de logements sociaux et 700 000 sont sur liste d’attente. Commencer dans la vie professionnelle c’est aussi avoir un logement social. Avoir un logement social ce n’est pas être un cas social ! J’ai moi même pu bénéficier d'un logement social dans ma jeunesse.
La loi de Benoist Apparu signifie taxer les loyers au travers des bailleurs sociaux. Je suis inquiet, ça risque de remettre en cause la capacité des bailleurs sociaux à construire dans l’avenir. Un bailleur social est prêt à construire dans 90% des cas. Si on leur offre un foncier pas trop cher.  Ils ont la capacité de relever le défi de l’habitat. L’abbé Pierre disait que la cohésion sociale passe par le fait d’héberger les familles les plus modestes pour s’intégrer dans la société. Il s’indignerait s’il était encore en vie.

Qu’envisageriez-vous alors au Modem ?
R.T.: Si j’étais ministre, j’établirai des priorités notamment celle d’offrir à chaque concitoyen d’être logé dignement. Ceci doit être une cause nationale. Il faut dynamiser et soutenir les bailleurs sociaux qui veulent construire de l’habitat social. Quand on est étudiant on doit pouvoir être logé dans un logement étudiant, de même que lorsqu’on commence dans la vie active.
Les lois comme l’ANRU (20% de logements sociaux obligatoires dans les communes), ne faudrait-il pas les durcir ? Dès qu’on parle de logements sociaux, que ce soit à gauche ou à droite, il n’y a plus personne. C’est inadmissible qu’on stigmatise ainsi les logements sociaux.
On était dans une dynamique de construction, avec la loi Apparu on casse cette dynamique notamment pour les bailleurs sociaux. Il faut maintenant soutenir la politique de construction. Les bailleurs sociaux et privés apportent un amortisseur économique et social au niveau de la crise. Il faut continuer ce Plan Marshall, c’est une attractivité économique, il y a des millions d’emplois à la clé, directs ou indirects.


Que pensez-vous du Prêt à Taux Zéro renforcé, proposé récemment ? Est-ce une solution ?
R.T.: Le PTZ est une bonne chose quand même. Il faut être vigilant car il permet de solvabiliser les familles qui ont des revenus modestes. C’est offrir la chance aux français de devenir propriétaires. Le PTZ permet aux banquiers d’apporter un financement, actuellement on constate un blocage à ce niveau là. Ca permettrait également de libérer du logement. C’est une sorte de passerelle pour accéder à un logement pour certains et un tremplin d’accession à la propriété offert aux autres.

Le Président de la République souhaite faire de la France, un pays de propriétaires? Est-ce réalisable et est-ce la solution ?
R.T.: C’est une alternative qui peut faciliter l’accession à la propriété. La France « tous propriétaires » c’est possible oui, souhaitable également. Ce n’est pas incompatible. Ca aide et favorise la création de logements privés, c’est ça la mixité sociale. Favoriser le logement social et le logement privé. Encore une fois ce n’est pas incompatible.

Le logement social est-il LA solution pour les ménages les plus modestes ? N’y a-t-il pas d’autres recours ?
R.T.: Le logement social est un vecteur d’intégration social. Ce doit être une politique d’intégration sociale. Pour une étudiant, bénéficier d’un logement social c’est énorme, de même pour une famille, etc.
Il faut arrêter de stigmatiser ce type de logement.

Vous considérez alors la diminution de l’aide à la pierre comme un désengagement de l’Etat ?
R.T.: C’est clairement un désengagement de l’Etat. Je suis pour un engagement de l’Etat plus soutenu. Les bailleurs sociaux financent les programmes ANRU. Hors ANRU que fait-on ? Où est la mixité sociale ? Il faut travailler et avoir une vision à long terme.

 

Entrez en contact avec nous

Vous souhaitez rejoindre notre équipe ou poser une question ?

Nous contacter