Grâce de Dieu Caen

Le contexte

Le rideau métallique de la supérette Ed est définitivement baissé depuis près de deux mois. De plus en plus inquiets, les commerçants de la place centrale de La Grâce-de-Dieu accusent le coup. Et rejettent la faute sur l'office HLM Caen Habitat, propriétaire des murs, et sur la Ville : « Le coup est mal parti. L'erreur, c'est d'avoir payé la fermeture d'Ed. Il fallait négocier avant pour que son gérant reste jusqu'à ce qu'un repreneur prenne le relais », résume Philippe Lailler, pharmacien, ancien conseiller municipal MoDem.

 

"Sans supérette depuis près de deux mois, les habitants du quartier accusent le coup. Les autres commerçants aussi. Ils ont décidé de se mobiliser."

Les habitants de La Grâce-de-Dieu, surtout ceux sans voiture et à mobilité réduite, subissent. « Moi, je conduis, ça va, mais les autres ? En tram, c'est 2,40 € à chaque fois qu'on doit aller faire ses courses... », indique Jocelyne, 56 ans, aide-soignante. Tous espèrent plus que jamais et « très vite » voir revenir une nouvelle enseigne.

Les conséquences

« Nous subissons de plein fouet cette fermeture, tout autant que les travaux d'aménagement de la place, déplore la boulangère. Notre chiffre d'affaires a baissé de 45 % : nous avons licencié le pâtissier et une jeune en formation ; mon mari et moi, on ne se verse plus rien. » Dans la barre de commerces qui sera démolie en septembre, le tabac-presse, à côté de l'ex-Ed, doit normalement emménager au rez-de-chaussée d'un des trois immeubles neufs, avenue Laperrine.

Catherine et Joël Seclet, les buralistes, refusent pour l'instant ce transfert. « On n'a rien signé ! » Ils affirment avoir perdu 25 % de leur chiffre d'affaires depuis que la supérette est fermée. « On a demandé à Caen Habitat de nous indemniser. La seule chose que l'on nous propose, c'est un report des loyers et des charges... Nous n'irons pas à côté dans n'importe quelles conditions. » Leurs clients s'inquiètent : « Si eux aussi s'en vont, c'est la mort du quartier. »

Les suites

Face aux menaces de départ des buralistes, le directeur de Caen Habitat, Henri Louail, se veut rassurant : « On est très sensibles à leurs observations. Je les comprends. Je souhaite ardemment qu'ils restent. » Comment ? « Nous allons voir comment tout ça peut avancer. »

Concernant la reprise d'une supérette, il affirme que deux commerçants caennais seraient intéressés pour s'associer. « Ils envisagent de s'installer avec une grande enseigne alimentaire connue sur Caen. » L'office HLM serait en contact avec elle « pour faciliter les choses. On est en bonne voie. » Ce sujet sera à l'ordre du jour du conseil d'administration de l'office HLM, le 11 juin. « On serait content si ça ouvrait en octobre-novembre. » En attendant, les commerçants veulent obtenir des garanties. Le vendredi 14 mai, à 18 h, ils se mobiliseront lors d'une réunion publique à l'espace Malraux.

Nathalie HAMON.

Journal Ouest-France du jeudi 6 mai 2010
Edition : Caen

 

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