Tramway Caen Ligne 2La question de la ligne 2 d'un tramway était à nouveau au coeur des débats, mercredi soir, à Viacités.

Les élus de Viacités, syndicat des transports en commun de l'agglo, ont été soumis au vote, mercredi. Résultat : vingt-deux voix pour ne pas répondre au second appel à projets du Grenelle de l'environnement.

Seuls 18 élus du comité syndical de Viacités répondent présents ce mercredi soir, au siège du Syndicat mixte des transports en commun de l'agglomération caennaise. Avec les pouvoirs de six élus, 24 sont représentés sur une assemblée qui en compte soixante. Cette séance publique arrive une semaine après une précédente réunion où le quorum n'avait pas été atteint.

Rodolphe Thomas, conseiller général, maire MoDem d'Hérouville-Saint-Clair, cache à peine son impatience.

Comme d'autres élus, il est venu pour une question : le second appel à projets du Grenelle de l'environnement (lire « O.-F. » de mercredi), lancé par Jean-Louis Borloo le 4 mai. À la clé : le financement de projets de construction de nouvelles lignes ou d'extension de TCSP, transport en commun en site propre. Comme le tramway.

 

« Dans les calculs faits, la subvention de l'État atteindrait huit millions d'euros. C'est faible au regard des 41 millions obtenus pour la ligne 1 du TVR. Les projets subventionnés ne concerneront que ceux réalisés entre 2011 et 2013 », précise Eric Vève (PS) président de Viacités, conseiller général et élu de Caen.

Pour lui, « répondre à cet appel à projets est irréaliste pour des raisons financière, technique et politique ». Éric Vève, Philippe Duron, député-maire de Caen, et d'autres élus ont rencontré, mardi, le secrétaire d'État aux transports, Dominique Bussereau. « Selon lui, il doit y avoir un troisième appel à projets, fin 2011-début 2012, pour des prestations à réaliser en 2014-2015. Là, nous pourrions y répondre. » Il envisage, à partir de septembre, une concertation publique.

« De très mauvaises querelles politiques »

Sans hésitation, Rodolphe Thomas vote contre le fait de ne pas répondre au 2e appel à projets. Et attaque : « Aujourd'hui, attendre est un manque d'ambition. C'est passer à côté d'une opportunité. Ce serait une erreur politique, stratégique pour notre agglo si l'on veut que Caen rivalise avec d'autres grandes agglos. » Sur la même ligne, le centriste Luc Duncombe opte pour l'abstention : « Une ligne 2 est une réalité financière qui s'impose à nous, mais c'est un choix. C'est facile d'offrir 900 000 km à nos concitoyens mais il faut aussi préparer l'avenir. » Dans le public, Sylvie Morin-Mouchenotte, ancienne présidente de Viacités, applaudit vigoureusement.

Huit autres élus interviennent dans le sens d'Eric Vève. « On ne peut pas décider sans les habitants de l'agglo », soulèvent Marie Dominique Frigoult (Caen, PS), et Joël Jeanne (Mondeville, PC). Olivier Colin, conseiller général, ne conteste pas « la nécessité » d'une ligne 2, mais aimerait que les financeurs - conseil général, agglo et villes - donnent leur avis : « Il faut que tout le monde soit d'accord sinon on va droit dans le mur ». Pour Xavier Le Coutour, maire-adjoint de Caen (PRG), « il faut d'abord garantir la ligne 1, éventuellement avec un autre matériel ». Il s'agit pour Gérard Leneveu (Giberville) de « très mauvaises querelles politiques. Sauf à augmenter les impôts de façon exponentielle, c'est non à une ligne 2 trop rapidement ».

Vingt-deux élus (dont deux élus de la majorité hérouvillaise présents) sur 24 ont voté pour une attente à une éventuelle ligne 2 en 2018... Dans le cas d'un troisième appel à projets.

Nathalie HAMON.

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