Première grève des ingénieurs de NetCentrex (Ouest-France)
Jeudi, 28 Octobre 2010 13:38

Netcentrex Comverse CaenLes 50 salariés caennais de l'entreprise informatique s'inquiètent de l'avenir de la société. Elle a été rachetée en en 2006 par Comverse, un groupe international. > Agrandir la photo

« La grève n'est pas du tout dans nos habitudes. » Hier, pour la première fois en douze ans d'existence du site, la quasi-totalité des 50 employés caennais de NetCentrex (240 salariés, groupe Comverse) ont débrayé, hier matin. « On s'inquiète. On veut savoir quel est l'avenir de la société, s'ils ont un plan stratégique », soulignent Thibaut Madelaine et Arnaud Gerriet, représentants CFDT. « Est-ce qu'on va continuer ? Avec combien de personnes ? Ou est-ce qu'on ferme ? » s'interroge un ingénieur.

Presque tous ingénieurs, les salariés caennais (moyenne d'âge : 33 à 35 ans), installés à la Folie-Couvrechef, conçoivent les logiciels qui permettent aux live box de fonctionner.

Start-up née en 1998, NetCentrex était un succès normand. « L'entreprise a bien fonctionné. En 2002, on a fusionné avec une société lyonnaise. Le siège a déménagé à Paris. On a grossi, grossi. Jusqu'à être 350. » Dont environ 90 à Caen. C'était en 2006. « On a été rachetés par Comverse. » Basé à New York, ce groupe de 4 500 salariés a été coté au Nasdaq, la bourse technologique US.

La situation de NetCentrex s'est gâtée. « Erreurs de stratégie, méthodes de gestion... De 50 millions d'euros de chiffre d'affaires, on est tombé à moins de 20 », décrivent les syndicalistes CFDT. Des emplois ont été délocalisés en Inde et à Kuala-Lumpur, en Malaisie.

« Depuis 18 mois, on demande à chaque réunion à être informés. En vain. » L'an dernier, les représentants du personnel ont lancé une procédure d'alerte. « On se rend bien compte qu'il y a un problème. Il faut qu'ils rectifient le tir. Mais non, rien. Pourtant la technologie est porteuse. Nous, on n'a pas envie de vivoter dans l'incertitude. Et on préfère garder 30 emplois solides à Caen que voir tout fermer à la fin. »

Selon un questionnaire des syndicats, un tiers des salariés seraient prêts à quitter l'entreprise, avec des conditions de départ « honnêtes » : indemnités, formation. « Ils ne croient plus à son avenir. » Depuis début 2010, NetCentrex est en vente. A 14 h hier, salariés et direction ont discuté. « Si la vente ne se réalise pas cet été, termine Thibaut Madelaine, on va vers un plan social »

 

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