| L'aventure touche à sa fin pour NetCentrex (Ouest-France) |
| Jeudi, 28 Octobre 2010 13:53 | |
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En juin, inquiets pour l'avenir de l'entreprise, ils avaient fait grève. En juillet, la direction avait annoncé qu'un plan social allait être mis en place, avec des licenciements. Hier, un comité central d'entreprise de NetCentrex (Comverse France) s'est tenu en région parisienne. Le groupe prévoit à terme la fermeture des sites français : ils emploient 240 salariés, dont une cinquantaine à Caen et une trentaine à Lannion (Côtes-d'Armor).
Jusqu'à 350 salariés Basés dans le quartier de la Folie-Couvrechef, les salariés caennais de NetCentrex (moyenne d'âge : 33 à 35 ans), presque tous ingénieurs, conçoivent des logiciels pour la téléphonie par Internet. Née en Normandie en 1998, créée notamment par un polytechnicien, ancien salarié des laboratoires caennais de France Télécom, cette start-up avait grossi jusqu'à compter 350 personnes, dont 90 à Caen. La jeune pousse faisait alors partie des succès normands.
En 2006, elle a été rachetée par le groupe Comverse. Basé à New York, ce groupe de 4 500 salariés a été coté au Nasdaq, la bourse technologique américaine. En revanche, il traverse actuellement de grosses difficultés financières. Il a décidé de se séparer de NetCentrex . En début d'année, la société a été mise en vente. Mais n'a pas trouvé preneur. De fait, depuis son rachat par Comverse, sa situation s'était gâtée. De 50 millions d'euros, le chiffre d'affaires était tombé à moins de 20. Des emplois avaient été délocalisés en Inde et en Malaisie. Inquiets, les représentants du personnel avaient lancé une procédure d'alerte l'an dernier. Cet été, après l'annonce d'un plan social, direction et représentants ont signé un accord de méthode : il établit un calendrier pour sa mise en place.
Témoignages
Vagues « La direction parle d'une fermeture en trois vagues : en novembre, vente et marketing ; en juin 2011, installeurs et un peu de recherche et développement ; en juin 2012, le reste de la R & D, le support », décrit Thibaut Madelaine, délégué CFDT chez NetCentrex , à Caen. Flou « On sait globalement que la société va fermer, mais le reste, c'est flou », observe un salarié. « Il y a un mois et demi, je n'aurais jamais pensé à ça », poursuit un ingénieur embauché en 2004. « On savait que cela allait mal. Mais au début, la direction avait plutôt communiqué sur une reprise », observe un autre. Gâchis La fermeture ? « Du gâchis », résume-t-il. En se souvenant de son arrivée : « En 2004 et 2005, c'était la période de croissance. NetCentrex embauchait à tour de bras. » Pour beaucoup de salariés, NetCentrex constitue leur premier poste. Rachat C'était en 2006. « La société était passée de 150 à 300 personnes. Il y avait besoin d'asseoir la croissance. Mais la vente a été calamiteuse », constate Thibaut Madelaine. « En fait, on n'intéresse pas Comverse », relance un collègue. « Il paraît qu'on ne fait pas partie de son ADN, du coeur de métier », pointe Thibaut Madelaine. Stress « L'entreprise se targue, dans ses valeurs, du respect de l'individu. On s'aperçoit que cela consiste surtout à ne rien lui dire. Il n'y a rien de pire pour le stress. Comment travailler sereinement, être bien pour retrouver un emploi ? », s'interroge Philippe, secrétaire adjoint du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail). Bruit « Là, c'est : on va vous laisser mourir, mais faites le moins de bruit possible. Sinon, cela pourrait gêner les clients. Le respect, c'est en fait celui du fric. Pourtant, beaucoup de gens se sont donnés pour la société, au fil des années. J'espère qu'on n'aura pas de cas critiques dans l'entreprise », souligne Philippe. Ingénieurs Presque tous les salariés caennais sont ingénieurs. « On a l'impression d'être maintenant comme les ouvriers du textile il y a quelques années. On a fait des études, mais bon, beaucoup de jobs partent en Chine », observe Emmanuel, 35 ans. Reprise ? « On ne sait pas si c'est une piste éventuelle, s'il y a négociations. Il n'y a pas de communication. C'est un peu bête : cela pourrait générer un peu d'espoir », note Philippe. Rebond « C'est la 2e fois que je me retrouve dans une telle situation. À chaque fois, on nous dit de rebondir. D'accord. Mais si ça m'arrive encore trois fois en quinze ans, le ressort va finir par casser, à force », redoute Thibaut Madelaine. Plan « J'aimerais que la direction s'ouvre sur deux choses : Comment fait-elle pour que des gens continuent à venir au travail pendant 18 mois ? Comment peut-elle peser pour sauver de l'activité. Pour l'instant, dans le PSE (plan de sauvegarde de l'emploi), ils font certes un plan, mais le « s » et le « e » ne sont pas pris en compte. » Virginie JAMIN. Journal Ouest-France du vendredi 10 septembre 2010Edition : Caen
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Commentaires
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